Rédigé par l’équipe StopCredits – Relu par Yannis Zervas, courtier IOBSP, ORIAS 22005605 – Mis à jour le 30 octobre 2026
Vous êtes propriétaire et vous comparez des offres d’assurance emprunteur ? Deux taux affichés peuvent cacher deux modes de calcul très différents. L’un s’applique au capital emprunté au départ, l’autre au capital qui reste à rembourser. Sur 20 ans, l’écart peut atteindre plusieurs milliers d’euros. Voici comment les comparer correctement.
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Les deux modes de calcul
La cotisation sur le capital initial
Le taux s’applique au montant emprunté au départ. La cotisation est donc fixe pendant toute la durée du prêt. C’est un mode fréquent dans les contrats de groupe proposés par les banques.
Avantage : la cotisation est connue d’avance et facile à budgéter. Limite : vous payez autant la dernière année que la première, alors que le capital à couvrir est devenu très faible.
La cotisation sur le capital restant dû
Le taux s’applique au capital qui reste à rembourser. La cotisation est donc dégressive : elle baisse à chaque échéance. Ce mode est fréquent dans les contrats individuels proposés en délégation.
Avantage : vous payez pour le risque réellement couvert. Limite : les premières cotisations sont plus élevées qu’avec un taux sur capital initial équivalent.
Certains contrats individuels appliquent aussi un tarif qui évolue avec l’âge de l’assuré. Lisez bien les conditions tarifaires.
Ce qui ne change pas
Le mode de calcul ne modifie pas les garanties. Le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie, l’incapacité ou l’invalidité sont couverts selon les termes du contrat, quelle que soit la base de calcul. En cas de sinistre, l’assureur prend en charge le capital restant dû ou les mensualités, selon la garantie et la quotité choisie. Seule la façon de répartir le prix dans le temps diffère.
Pourquoi les taux ne se comparent pas directement
Un taux de 0,40 % sur le capital restant dû n’est pas plus cher qu’un taux de 0,30 % sur le capital initial. Il peut même coûter moins cher. Tout dépend de la durée et du taux du prêt.
Pour comparer, deux indicateurs sont utiles :
- le coût total de l’assurance en euros sur la durée du prêt ;
- le TAEA, taux annuel effectif de l’assurance, qui mesure son poids dans le coût du crédit.
Le TAEA est expliqué dans notre page dédiée au TAEA de l’assurance emprunteur.
Exemple chiffré sur 20 ans
Un propriétaire achète une nouvelle résidence principale. Il emprunte 220 000 € sur 20 ans au taux de 3,30 %, assuré à 100 %.
- Mensualité de crédit, hors assurance : 1 253,42 €.
- Intérêts sur 20 ans : 80 820,25 €.
Offre A : 0,30 % par an sur le capital initial.
- Cotisation fixe : 55 € par mois.
- Coût total de l’assurance : 13 200 €.
- Coût total du crédit : 94 020,25 €, soit un TAEG indicatif d’environ 3,85 % hors frais.
Offre B : 0,40 % par an sur le capital restant dû.
- Cotisation : 73,33 € le premier mois, environ 42,65 € au début de la 11e année, moins de 1 € à la dernière échéance.
- Coût total de l’assurance : 9 796,39 €.
- Coût total du crédit : 90 616,65 €, soit un TAEG indicatif d’environ 3,76 % hors frais.
Sur 20 ans, l’offre B coûte 3 403,61 € de moins, malgré un taux affiché plus élevé. Les deux TAEG restent sous le taux d’usure de 5,40 % applicable aux prêts de 20 ans et plus au quatrième trimestre 2026.
Le point d’équilibre
Dans cet exemple, un taux sur capital restant dû d’environ 0,54 % coûterait autant, sur 20 ans, que 0,30 % sur le capital initial. En dessous de 0,54 %, l’offre sur capital restant dû est moins chère sur la durée totale.
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Attention si le prêt ne va pas à son terme
Le calcul sur 20 ans suppose que vous gardiez le prêt jusqu’au bout. Or beaucoup de propriétaires revendent, renégocient ou regroupent leurs prêts avant. Le coût cumulé change alors la donne.
- Après 5 ans : 3 300 € pour l’offre A, 3 996,27 € pour l’offre B.
- Après 10 ans : 6 600 € pour l’offre A, 7 075,51 € pour l’offre B.
- Après 13 ans : 8 580 € pour l’offre A, 8 415,71 € pour l’offre B.
L’offre B ne devient moins chère, en cumul, qu’à partir de la 13e année. Si vous pensez revendre ou faire racheter votre prêt dans moins de 12 ans, l’offre A peut rester plus avantageuse. Notre page sur la renégociation du crédit immobilier aborde ces projets.
Ces montants sont des hypothèses de calcul. Les tarifs réels dépendent de votre âge, de votre santé et des garanties choisies.
Comment lire une offre
- Repérez la base de calcul : capital initial ou capital restant dû.
- Vérifiez si le tarif évolue avec l’âge.
- Demandez l’échéancier des cotisations sur toute la durée.
- Comparez le coût total et le TAEA, à garanties équivalentes.
- Estimez la durée pendant laquelle vous garderez réellement le prêt.
Pour situer votre tarif, notre page sur le coût moyen de l’assurance de prêt donne des ordres de grandeur. Le choix de la quotité joue aussi : voyez notre article sur la quotité d’assurance emprunteur.
Changer de mode de calcul en cours de prêt
Si votre contrat actuel est calculé sur le capital initial, un changement d’assurance peut vous faire passer à une cotisation sur capital restant dû. Depuis la loi Lemoine, ce changement est possible à tout moment, à garanties équivalentes. Plus le prêt est avancé, plus le capital restant dû est faible, et plus l’écart peut être marqué.
Conclusion
Capital initial ou capital restant dû : le taux affiché ne suffit pas. Seul le coût total, sur la durée pendant laquelle vous garderez le prêt, permet de trancher. Pour un propriétaire, la bonne comparaison se fait en euros. Simulez votre assurance emprunteur pour obtenir un chiffrage adapté, et consultez nos guides sur l’assurance emprunteur.
Questions fréquentes
Quel mode de calcul est le plus courant ?
Le capital initial est fréquent dans les contrats de groupe des banques. Le capital restant dû est fréquent dans les contrats individuels en délégation.
Une cotisation sur capital restant dû est-elle toujours moins chère ?
Non. Tout dépend du taux, de la durée et du moment où le prêt prend fin. Sur une courte période, elle peut coûter plus.
Le coût de l’assurance figure-t-il dans le TAEG ?
Oui, lorsque l’assurance est exigée pour obtenir le prêt. Elle entre alors dans le calcul du TAEG.
Article rédigé par l’équipe StopCredits, ORIAS 22005605. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
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